Deux artisans, le même chiffre d'affaires mensuel, des cotisations très différentes. En auto-entrepreneur, vous cotisez un pourcentage fixe de votre CA. En TNS, le taux effectif peut dépasser 40 %. En SASU, vous arbitrez entre salaire et dividendes. Le régime juridique n'est pas un détail administratif : il détermine directement ce que vous gardez chaque mois.
Le calculateur de cotisations sociales artisan de Sifrage vous permet de comparer les trois régimes selon votre niveau de revenus, en quelques minutes, gratuitement.
Estimation indicative. Les taux présentés correspondent aux règles en vigueur en 2026 selon les sources officielles disponibles au moment de la rédaction. Ils sont fournis à titre informatif et peuvent évoluer. Cet article ne se substitue pas à un conseil personnalisé d'un expert-comptable ou d'un juriste.
L'auto-entrepreneur artisan : simple, prévisible, mais plafonné
Le régime micro-entrepreneur reste le plus intuitif des trois. Vos cotisations sont calculées sur le chiffre d'affaires que vous encaissez, avec un taux global qui s'établit aux alentours de 21,2 % du CA pour les artisans relevant des BIC services en 2026. Pas de CA, pas de cotisations.
Les postes de cotisations au détail
Ce taux global se décompose approximativement comme suit, selon les règles applicables en 2026 :
| Poste de cotisation | Taux indicatif 2026 |
|---|---|
| Maladie-maternité | ~6,5 % |
| Retraite de base | ~6 % |
| Retraite complémentaire | ~3 % |
| Invalidité-décès | ~1,3 % |
| Allocations familiales | ~0,6 % |
| CSG-CRDS | ~1,7 % |
| Formation professionnelle (CFP) | 0,3 % (en sus) |
Ces taux sont indicatifs. L'URSSAF publie chaque année les taux définitifs sur son site officiel, qui font foi.
Ce que vous ne cotisez pas... et ce que ça implique
La simplicité de l'AE a un revers. Plusieurs protections sont réduites par rapport au régime TNS :
- Les indemnités journalières en cas d'arrêt maladie sont calculées sur la base du revenu annuel moyen, qui tend à être plus faible pour un AE à CA modeste.
- La retraite accumulée est directement proportionnelle au CA : une année à faible CA génère peu de trimestres validés.
- Il n'existe pas de cotisations minimales ouvrant des droits garantis, contrairement au régime TNS.
À RETENIR
Le régime AE convient particulièrement pour démarrer une activité ou tester un marché. Au-delà d'un certain niveau de revenus souhaités, il peut être utile d'envisager un passage en TNS avec l'accompagnement d'un expert-comptable.
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Le régime TNS : une base différente, une protection plus complète
Un artisan en EURL/SARL (gérant majoritaire) ou en entreprise individuelle hors micro relève du régime des Travailleurs Non Salariés (TNS), adossé à la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants). La différence fondamentale avec l'AE : les cotisations sont calculées sur le revenu professionnel net (le bénéfice), pas sur le chiffre d'affaires.
En pratique, le taux effectif global se situe généralement entre 40 % et 45 % du revenu net selon le niveau de revenus, en raison des taux progressifs sur certains postes et des plafonds de calcul (PASS, tranches). Ces chiffres sont indicatifs et varient selon votre situation personnelle.
Les cotisations minimales forfaitaires : un plancher à anticiper
Même sans revenus ou avec un bénéfice très faible, un TNS est redevable de cotisations minimales forfaitaires. Selon les règles en vigueur en 2026, ces minimums s'établissent approximativement à :
- Environ 1 162 € pour la maladie-maternité
- Environ 880 € pour la retraite de base
Soit un plancher d'environ 2 000 à 2 500 € par an. Ces minimums valident néanmoins des trimestres de retraite. Une année à faible revenu en TNS n'est donc pas nécessairement moins avantageuse en termes de droits accumulés qu'une année sans cotisations en AE.
POINT DE VIGILANCE
Les cotisations TNS sont appelées sur la base du revenu N-2, puis régularisées lors de la déclaration des revenus N. Cette mécanique peut créer des décalages de trésorerie importants lors d'une forte hausse d'activité. Provisionner une part de la trésorerie en cours d'année est une précaution courante.
Ce que les cotisations TNS ouvrent comme droits
En contrepartie d'un taux plus élevé, le régime TNS offre une couverture plus complète :
- Retraite de base et complémentaire proportionnelles aux revenus réels
- Indemnités journalières maladie (sous conditions de revenus minimaux déclarés)
- Possibilité de déduire des cotisations de prévoyance Madelin ou des versements PER du bénéfice imposable
- Absence de plafond de chiffre d'affaires
La SASU : le levier dividendes comme outil d'arbitrage
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) présente une particularité que les deux régimes précédents n'offrent pas : la possibilité de percevoir des dividendes soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (flat tax), dont 17,2 % de prélèvements sociaux, plutôt qu'aux cotisations sociales classiques.
Le gérant assimilé salarié : le coût du salaire
En SASU, le président est assimilé salarié. Ses cotisations sociales sur le salaire sont calculées selon les règles du régime général, ce qui implique un coût global (parts patronales et salariales confondues) pouvant approcher 70 à 80 % du salaire net selon la configuration. C'est le régime le plus onéreux sur le volet salaire, mais aussi le plus protecteur — la couverture chômage est incluse, sous conditions.
L'arbitrage salaire et dividendes : les limites à connaître
Les dividendes échappent aux cotisations sociales (seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent), mais ils ne génèrent pas de droits à la retraite ni d'indemnités journalières. L'arbitrage entre salaire et dividendes doit être réfléchi en cohérence avec votre horizon de retraite et votre situation personnelle. Il mérite, dans la plupart des cas, un accompagnement par un expert-comptable.
À RETENIR
La SASU ne convient généralement pas aux artisans qui démarrent ou dont l'activité est encore irrégulière. Les obligations comptables et les frais de gestion d'une société sont sensiblement plus lourds qu'en EI ou en AE.
Tableau comparatif : AE, TNS et SASU en un coup d'oeil
| Critère | Auto-entrepreneur | TNS (EI/EURL) | SASU |
|---|---|---|---|
| Base de calcul | CA encaissé | Bénéfice net | Salaire brut |
| Taux indicatif global | ~21,2 % du CA | ~40 à 45 % du revenu | ~70 à 80 % sur salaire |
| Cotisations minimales | Non | Oui (~2 000 €/an) | Non (si salaire nul) |
| Couverture maladie | Partielle | Complète (SSI) | Complète + chomage |
| Dividendes | Non applicable | Non applicable | Oui (17,2 % PS) |
| Plafond CA | 77 700 €/an (artisans BTP) | Aucun | Aucun |
| Complexité administrative | Faible | Moyenne | Elevée |
Ces données sont fournies à titre indicatif pour 2026 et ne constituent pas un conseil personnalisé.
Agir sur ses charges : les leviers légaux courants
Quelques pistes couramment explorées avec un professionnel comptable :
En auto-entrepreneur : L'option pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (1,7 % supplémentaire pour les BIC services) peut être avantageuse si votre taux marginal d'imposition dépasse ce seuil. Elle mérite d'être simulée avant engagement, car elle n'est pas réversible dans l'année en cours.
En TNS : Optimiser les charges professionnelles déductibles réduit le bénéfice imposable et donc la base de cotisations. Les dispositifs d'épargne retraite (contrat Madelin, PER) permettent également de réduire la base tout en constituant une pension complémentaire.
En SASU : La répartition salaire/dividendes est la principale variable d'ajustement. Elle doit être pilotée en cohérence avec le prévisionnel de la société et votre situation fiscale personnelle.
CONSEIL
Toute stratégie d'optimisation des cotisations sociales mérite d'être validée par un expert-comptable au regard de votre situation personnelle et des règles en vigueur au moment de la mise en oeuvre. Les règles évoluent chaque année.
Pour aller plus loin
Comprendre ses cotisations est une étape. Piloter ses revenus au quotidien en est une autre. Quelques outils complémentaires qui peuvent vous aider :
- Simulateur de revenus artisan : calculez votre revenu net réel selon votre CA et votre statut
- Calculateur de taux horaire : traduisez votre objectif de revenu en prix heure facturable
- Calculateur ACRE : estimez l'exonération de cotisations disponible la première année d'activité
- Simulateur seuil de TVA : anticipez le passage à la TVA si votre CA progresse
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